Armes
- ⚔️TronçonneuseLÉG.
- ⚾Batte cloutéeRARE
- 🧹BalaiCOMMUN
Personne ne pouvait dire avec certitude ou cela avait commence. Certains accusaient le barrage de Ouaga 2 qui avait tourne au vert sombre depuis dix jours, une algue inconnue que les laborantins de l'Universite de Ouagadougou n'arrivaient pas a classifier et que les enfants du quartier continuaient de boire. D'autres pointaient le camion frigorifique en panne sur la nationale 1, bloque depuis mardi avec sa cargaison de viande venue du Ghana, dont le chauffeur avait disparu et dont les portes arriere avaient ete forcees de l'interieur. Quelques-uns parlaient du marabout de Dapoya qui avait ouvert une tombe au cimetiere municipal pour un rituel et qui n'etait jamais revenu. C'etait un mardi. Dix-sept heures seize. L'heure ou le rond-point des Nations Unies devenait un cercle d'enfer de mobylettes, ou le marche de Rood Woko vibrait de ses dix mille vendeurs, ou les maquis du quartier de la Patte d'Oie allumaient leurs premiers braseros pour les brochettes du soir.
« À la tombée de la nuit, le Mémorial aux Martyrs brillait encore au-dessus de la capitale, éclairant une ville où plus rien de vivant ne restait. L'avenue Kwame Nkrumah, déserte, était jonchée de mobylettes renversées et de sandales abandonnées. Et dans l'obscurité, elle avait faim. »
Du katana à la marionnette de Billy. Du char de combat au nain de jardin. Chaque survivant a droit à 3 items : choisis-les bien. Débloque de nouveaux objets en gagnant de l'expérience.
Les repas deviennent des œuvres d'art. Le moral de l'équipe ne descend jamais sous 60%.
Les équipes qui disposent encore de quelques informations sur le monde d'avant tiennent plus longtemps. Connecte-toi pour activer le bonus permanent.
La couronne impose le respect même au milieu du chaos. Le leader rayonne de prestance, personne ne conteste ses ordres.
▌ DE 0 À 1200+ · DE "NOURRITURE À ZOMBIES" AU "MODE DIEU"
Lance la simulation. Découvre ton Survival Score. Partage ton équipe. Chaque décision compte. Chaque jour te rapproche du MODE DIEU, ou de la mort.
▌ 4 transmissions à lire avant de constituer ton équipe
Rood Woko, le grand marche de Ouagadougou, brula en premier. Pas au sens propre, pas encore. Un porteur s'effondra dans l'allee des cereales, renversant un sac de mil de cinquante kilos. Les vendeuses l'entourerent. L'homme se releva et ne se comporta plus en homme. En six minutes, l'allee des cereales n'existait plus. En dix minutes, la panique avait atteint l'allee des pagnes. Rood Woko n'avait que deux sorties pour six mille personnes. Les sorties devinrent des goulets ou les vivants furent ecrases avant d'etre mordus.
Les videos partirent sur Facebook et WhatsApp. Un cinephile du FESPACO, qui filmait tout par habitude professionnelle, posta trente secondes prises depuis le toit du cinema Burkina. Une etudiante de l'Universite de Ouagadougou envoya un vocal en more a sa mere a Koudougou. Telmob tomba a dix-sept heures cinquante-quatre. Orange Burkina a dix-huit heures. La SONABEL avait coupe le courant a quatorze heures pour le delestage de l'apres-midi et n'avait pas rallume. Ouagadougou apprenait a mourir comme elle avait appris a vivre: dans le noir et sans reseau.
Le capitaine au pouvoir parla a la television nationale a dix-huit heures cinquante. Il portait son treillis. Il parla de complot, d'attaque hybride, de forces etrangeres. Le discours dura trois minutes. A dix-neuf heures vingt, le camp militaire Sangoule Lamizana fermait ses portes. A vingt heures, les reseaux sociaux, deja morts, n'auraient pas pu relayer le fait que le conseil des ministres avait ete evacue par helico vers Koudougou. Le Burkina Faso, pays des hommes integres, decouvrait une fois de plus que l'integrite de ses dirigeants avait ses limites.
Les Forces de Defense et de Securite, les VDP, les volontaires civils armes par l'Etat pour combattre les djihadistes au Sahel, se mobiliserent. Mais les VDP etaient au Nord, au Sahel, a Djibo, a Dori, la ou les attaques terroristes tuaient chaque semaine. A Ouagadougou, il restait la police municipale et les gendarmes. Les barrages furent dresses sur l'avenue Kwame Nkrumah. Les gendarmes tirerent. Les choses qui avancaient ne s'arreterent pas. La strategie anti-terroriste, si durement apprise apres les attaques du Splendid Hotel et du cafe Aziz Istanbul, ne fonctionnait pas contre un ennemi qui ne portait pas de ceinture explosive mais qui etait lui-meme l'explosion.
Dapoya tomba en premier. Le vieux quartier Mossi, le coeur historique de Ouaga, ou les concessions familiales s'etendaient sur des generations, ou les murs en banco abritaient des familles de trente personnes, ou le chef de quartier etait plus respecte que le prefet. Les anciens organiserent la defense comme ils avaient organise chaque crise: en conseil, sous l'arbre a palabres. Mais les mots ne repoussent pas les dents. Les jeunes de Dapoya, les memes qui organisaient les barrages lors des soulevements populaires, dresserent des barricades de pneus enflammes. Le feu ralentit les morts. La chaleur de quarante-deux degres faisait fondre le goudron sous leurs pieds nus, mais ils ne sentaient rien.
Zogona, Pissy, Tanghin, les quartiers populaires tomberent en cascade. La Zone du Bois, ou les menuisiers travaillaient le jour et dormaient la nuit dans leurs ateliers, devint un champ de morts entre les planches et la sciure. Ouaga 2000, le quartier presidentiel aux avenues larges et aux villas derriere des murs hauts, tint tant que les generateurs tinrent. Quand le diesel manqua, Ouaga 2000 decouvrit que les murs hauts ne protegent que si quelqu'un regarde par-dessus.
La cathedrale de l'Immaculee Conception, sur l'avenue de la Cathedrale, ouvrit ses portes. La Grande Mosquee de Ouagadougou fit de meme. Les temples protestants de Gounghin accueillirent les families du quartier. Le Burkina, ou musulmans et chretiens vivaient cote a cote depuis toujours, ou Noel et Ramadan se fetaient ensemble, se rassembla comme il s'etait toujours rassemble: en communaute. Mais la communaute, cette nuit, etait une proie groupee.
Les maquis de la Zone Commerciale, ou la biere de mil coulait dans des calebasses et ou le porc braise parfumait les rues chaque soir, furent les derniers lieux de resistance informelle. Les patronnes de maquis, ces femmes larges et indestructibles qui nourrissaient Ouaga depuis quarante ans, barricaderent avec les tables et les braseros encore chauds. Le maquis Chez Tantie Rose, sur la route de Karpala, tint jusqu'a vingt-trois heures. Parce que Tantie Rose avait un fusil de chasse et savait s'en servir. Mais les cartouches finissent.
A minuit, la Place de la Revolution etait vide. Le monument a Thomas Sankara, le capitaine revolutionnaire assassine, se dressait toujours, le poing leve. Autour de lui, Ouagadougou fumait dans le noir. Le FESPACO, le plus grand festival de cinema africain, n'aurait plus de prochaine edition. Le cinema Burkina, ou les Ouagalais s'etaient assis dans le noir pour rever d'histoires, etait ouvert aux quatre vents.
Ouagadougou. Le pays des hommes integres. La ville ou Thomas Sankara avait reve d'une Afrique debout. La ville des mobylettes, du dolo, du couscous de mil et des soirees sous les manguiers. Ce soir, les manguiers portaient autre chose que des fruits.
Trois millions de bouches. Ouvertes. Pour mordre.