Armes
- ⚔️TronçonneuseLÉG.
- ⚾Batte cloutéeRARE
- 🧹BalaiCOMMUN
Personne ne pouvait dire avec certitude ou cela avait commence. Certains accusaient le port autonome de Lome, ou un conteneur en provenance d'Asie du Sud-Est etait reste trois semaines au soleil sans que personne ne reclame son contenu, et dont l'odeur faisait fuir les chiens du quai 7. D'autres pointaient le marche des fetiches d'Akodessewa, le plus grand marche vaudou d'Afrique de l'Ouest, ou un lot de cranes d'animaux non identifies avait ete livre la semaine precedente, des cranes qui, selon les feticheurs, refusaient de parler aux esprits. Quelques-uns murmuraient a propos de la lagune, le lac Togo, dont l'eau avait vire au rouge sombre depuis les dernieres pluies et dont les poissons flottaient le ventre en l'air mais les yeux ouverts. C'etait un mardi. Dix-sept heures quinze. L'heure ou le Grand Marche de Lome bourdonnait comme une ruche de tole et de sueur, ou les zemidjan, les motos-taxis, slalomaient sur le boulevard du 13 Janvier, ou les Nana Benz, ces reines du commerce en pagne, comptaient les derniers billets de la journee.
« À la tombée de la nuit, le Monument de l'Indépendance brillait encore sur le boulevard du 13 Janvier, éclairant une ville où plus rien de vivant ne restait. La plage de Lomé, déserte, était jonchée de taxis renversés et de pagnes Nana-Benz abandonnés. Et dans l'obscurité, elle avait faim. »
Du katana à la marionnette de Billy. Du char de combat au nain de jardin. Chaque survivant a droit à 3 items : choisis-les bien. Débloque de nouveaux objets en gagnant de l'expérience.
Les repas deviennent des œuvres d'art. Le moral de l'équipe ne descend jamais sous 60%.
Les équipes qui disposent encore de quelques informations sur le monde d'avant tiennent plus longtemps. Connecte-toi pour activer le bonus permanent.
La couronne impose le respect même au milieu du chaos. Le leader rayonne de prestance, personne ne conteste ses ordres.
▌ DE 0 À 1200+ · DE "NOURRITURE À ZOMBIES" AU "MODE DIEU"
Lance la simulation. Découvre ton Survival Score. Partage ton équipe. Chaque décision compte. Chaque jour te rapproche du MODE DIEU, ou de la mort.
▌ 4 transmissions à lire avant de constituer ton équipe
Le Grand Marche de Lome, reconstruit apres l'incendie de 2013, le batiment rose qui dominait le centre-ville, fut le premier a craquer. Une vendeuse de gari au rez-de-chaussee s'ecroula entre deux sacs de farine de manioc. Les voisines accoururent. La premiere a la toucher perdit trois doigts. Le cri qui suivit fut avale par le vacarme commercial de quatre mille vendeuses, mais il se propagea d'etage en etage, montant les escaliers plus vite que les vivants ne pouvaient les descendre. Le Grand Marche avait ete concu pour le commerce. Il n'avait pas ete concu pour l'evacuation.
Un conducteur de zemidjan filma en roulant sur le boulevard Circulaire. Douze secondes de video floue montrant des gens courant dans le sens inverse de la circulation, ce qui a Lome n'etait pas exceptionnel, sauf qu'ils couraient en hurlant. Togocel tomba a dix-sept heures cinquante-huit. Moov Africa a dix-huit heures deux. La CEET avait coupe le courant a quinze heures pour le delestage de l'apres-midi et n'avait jamais rallume. Lome commencait a mourir dans les memes conditions que Lome vivait: sans electricite et sans reseau.
Le President de la Republique, par la voix de son Premier Ministre, s'adressa a la nation sur la TVT a dix-huit heures quarante-cinq. Le discours dura quatre-vingt-dix secondes. A dix-neuf heures dix, le Palais de la Presidence, dans le quartier administratif, eteignit ses fenetres. A vingt heures, le standard de la Primature emettait une tonalite occupee en boucle. Le Togo, gouverne par la meme famille depuis 1967, decouvrit que la continuite du pouvoir ne signifiait pas la continuite de la protection.
Les FAT, les forces armees togolaises, deployes depuis le camp du RIT pres de l'aeroport, arriverent sur le boulevard du 13 Janvier a dix-neuf heures trente. Les soldats, formes pour le maintien de l'ordre, les memes qui avaient disperse les manifestations de 2017 avec des gaz lacrymogenes et des balles en caoutchouc, tirerent des balles reelles. Les morts absorberent les balles comme les manifestants avaient absorbe les gaz: en continuant d'avancer. Le barrage de la Place de l'Independance tint quarante minutes. Puis les flancs cederent, parce que Lome n'est pas un couloir mais un labyrinthe de ruelles entre le marche et la lagune.
Be tomba en premier. Le quartier populaire au nord du marche, le plus dense de Lome, ou les familles vivaient dans des cours communes de dix menages, ou les enfants jouaient dans des ruelles de sable entre des murs de banco. Les chefs traditionnels Ewe, les memes qui presidaient les ceremonies vaudou et reglaient les conflits familiaux, organiserent la defense quartier par quartier. Les jeunes de Be, ceux des associations de developpement, dresserent des barricades avec les bancs des eglises et les tables des bars. Le vaudou de Be, cette religion qui parlait aux morts depuis des siecles, ne trouva pas les mots ce soir pour ce type de morts.
Tokoin, Nyekonakpoe, Adewui, les quartiers tomberent le long du boulevard, comme des dominos places sur une ligne droite. Le marche des fetiches d'Akodessewa, ou les touristes venaient photographier les cranes de singes et les peaux de leopard, devint un lieu ou la frontiere entre le sacre et l'horreur s'effaca definitivement. Les pretres vaudou resterent. Ils firent face a ce qui arrivait avec des paroles anciennes et des gestes que des generations avaient transmis. Personne ne peut dire si cela eut un effet. Personne n'etait la pour le verifier.
L'Hotel Sarakawa, le palace de Lome en bord de mer, ou les conferences internationales reunissaient des chefs d'Etat, ferma ses portes blindees. L'ocean, a cinquante metres, offrait une sortie pour ceux qui savaient nager. La plage de Lome, cette longue bande de sable ou les pecheurs tiraient leurs filets chaque matin, devint le dernier couloir de fuite. Des centaines de personnes entrerent dans l'eau. L'Atlantique les prit sans distinction.
A vingt-trois heures, le phare de Lome tournait encore. Son faisceau balayait une ville ou les seules lumieres venaient des incendies. Le monument de l'Independance, place de la meme Place, pointait vers un ciel d'etoiles qui n'avait rien vu changer. La frontiere avec le Ghana, a cinq kilometres a l'est, etait fermee. La frontiere avec le Benin, a quarante kilometres a l'ouest, etait fermee. Le Togo, ce petit pays coince entre ses voisins, n'avait nulle part ou aller.
Lome. La ville ou le vaudou et le catholicisme se serraient la main. La ville des Nana Benz et des zemidjan, du fufu et de la biere Awooyo. La ville qui avait danse au rythme d'Agbadja tous les samedis soir. Ce soir, la danse s'arreta.
Un million et demi de bouches. Ouvertes. Pour mordre.