Armes
- ⚔️TronçonneuseLÉG.
- ⚾Batte cloutéeRARE
- 🧹BalaiCOMMUN
Personne ne pouvait dire avec certitude ou cela avait commence. Certains accusaient l'Oubangui, le fleuve qui longeait Bangui comme une frontiere entre le chaos connu et le chaos inconnu, et qui avait depose sur la berge du quartier du Port quelque chose que les piroguiers avaient refuse de toucher, une masse sombre qui ressemblait a un homme mais qui sentait comme rien de vivant. D'autres pointaient le PK5, le quartier musulman du troisieme arrondissement, ou un lot de viande en provenance du Tchad avait ete vendu sans inspection sanitaire, parce qu'a Bangui l'inspection sanitaire etait un concept plutot qu'une realite. Quelques-uns parlaient du camp de la MINUSCA, la mission des Nations Unies, ou un casque bleu rentre de patrouille dans la brousse n'avait pas signale les morsures sur ses bras avant de s'effondrer a la cantine. C'etait un mardi. Dix-sept heures dix-neuf. L'heure ou le marche central de Bangui faisait ses derniers echanges, ou les taxi-motos fonçaient sur l'avenue Boganda, ou la capitale la plus oubliee d'Afrique vivait son mardi soir comme elle vivait tous ses soirs: entre la peur et la debrouille.
« À la tombée de la nuit, le Palais de la Renaissance brillait encore au-dessus de l'Oubangui, éclairant une ville où plus rien de vivant ne restait. L'avenue de l'Indépendance, déserte, était jonchée de taxis renversés et de sandales abandonnées. Et dans l'obscurité, elle avait faim. »
Du katana à la marionnette de Billy. Du char de combat au nain de jardin. Chaque survivant a droit à 3 items : choisis-les bien. Débloque de nouveaux objets en gagnant de l'expérience.
Les repas deviennent des œuvres d'art. Le moral de l'équipe ne descend jamais sous 60%.
Les équipes qui disposent encore de quelques informations sur le monde d'avant tiennent plus longtemps. Connecte-toi pour activer le bonus permanent.
La couronne impose le respect même au milieu du chaos. Le leader rayonne de prestance, personne ne conteste ses ordres.
▌ DE 0 À 1200+ · DE "NOURRITURE À ZOMBIES" AU "MODE DIEU"
Lance la simulation. Découvre ton Survival Score. Partage ton équipe. Chaque décision compte. Chaque jour te rapproche du MODE DIEU, ou de la mort.
▌ 4 transmissions à lire avant de constituer ton équipe
Le marche central de Bangui, ce marche a ciel ouvert entre le premier et le deuxieme arrondissement, tomba en premier. Une vendeuse de manioc s'ecroula pres de l'entree nord. A Bangui, les gens s'ecroulaient regulierement. De faim, de paludisme, de fatigue, de chaleur, de desespoir. Personne ne s'alarma. Quand la vendeuse se releva et saisit un enfant, sa mere hurla. Le cri fut le premier bruit nouveau que le marche entendit depuis des annees.
Les videos ne partirent pas. Le reseau etait deja en panne depuis quatorze heures. Orange RCA ne fonctionnait plus depuis la veille a cause d'une panne technique non reparee. Telecel n'avait de signal que dans un rayon de trois kilometres autour de sa seule antenne fonctionnelle. L'ENERCA, la compagnie d'electricite, avait coupe le courant lundi et n'avait donne aucune date de retour. Bangui, la capitale d'un pays en guerre depuis 2013, mourut sans que le monde le sache, parce que le monde ne savait deja presque rien de Bangui en temps normal.
Le President de Transition ne parla pas. Le President etait a Bimbo, a vingt kilometres, dans sa residence secondaire. La RJDH, la seule radio communautaire encore fonctionnelle, diffusa un message d'alerte a dix-huit heures trente avant de perdre son generateur. La MINUSCA, avec ses quinze mille casques bleus, publia un communique interne demandant a son personnel de rester confine dans les bases. Quinze mille soldats internationaux en Centrafrique, et leur premier reflexe fut de fermer leurs portes. La Republique centrafricaine, le pays ou la communaute internationale avait deploye le plus de soldats par habitant en Afrique, decouvrit que ces soldats n'etaient pas la pour les Centrafricains.
Les FACA, les forces armees centrafricaines, que les instructeurs russes de Wagner tentaient de reconstituer depuis 2018, deploierent deux compagnies sur l'avenue Boganda. Les soldats, sous-equipes, sous-payes, sous-entraines, tinrent le barrage quinze minutes. Les Wagneriens, dans leur base pres de l'aeroport de M'Poko, se confinerent comme la MINUSCA. La Russie et les Nations Unies, ennemies dans tous les rapports, firent exactement la meme chose: rien.
Le PK5 tomba en premier. Le quartier musulman, deja assiege depuis des annees par les milices anti-balaka, deja entoure de checkpoints, deja reduit a un ghetto dans sa propre ville. Les habitants du PK5, qui avaient survecu aux massacres de 2013, aux pillages de 2014, aux combats de rue de 2017, s'organiserent comme ils s'organisaient toujours: les commercants barricaderent le marche de KM5, les jeunes monterent la garde avec les armes artisanales qu'ils cachaient depuis des annees, les femmes evacuèrent les enfants vers la mosquee centrale. Le PK5 tint. Il tint parce que le PK5 etait deja une forteresse avant que les zombies n'arrivent.
Le premier arrondissement, le centre-ville, tomba sans combattre. Le quartier des ministeres vides, des hotels fermes, des rues defoncees ou les 4x4 blancs de la MINUSCA etaient les seuls vehicules en bon etat. La cathedrale Notre-Dame de Bangui, construite en brique rouge sur les bords de l'Oubangui, ouvrit ses portes massives. L'archeveque, figure morale dans un pays sans morale politique, accueillit deux mille personnes. Les chorales chanterent en sango, la langue qui unissait un pays que tout le reste divisait.
Le Boy-Rabe, le cinquieme arrondissement, le quartier des anciens soldats et des miliciens reconvertis, se transforma en zone de guerre. Les ex-seleka et les ex-anti-balaka, ennemis depuis 2013, se retrouverent du meme cote pour la premiere fois. Les armes qui auraient du etre desarmees par les programmes DDR, les kalashnikovs cachees sous les lits, les grenades dans les faux plafonds, tout sortit. Les miliciens tiraient sur ce qui avancait. Pour une fois, leurs armes servaient a proteger et non a predater. Pour une fois, et une seule.
L'Oubangui, large et brun, coulait indifferemment le long de la ville. De l'autre cote, la Republique Democratique du Congo etait sombre et silencieuse. Les pirogues de Bangui partirent vers Zongo, la ville congolaise en face. Les piroguiers demandaient mille, deux mille, cinq mille francs CFA pour la traversee. Les prix monterent comme les prix montaient toujours a Bangui: en fonction du desespoir.
A vingt-trois heures, l'aeroport de M'Poko, ou les avions des Nations Unies etaient alignes sur le tarmac, etait eclaire par ses projecteurs. A l'interieur du perimetre, les casques bleus montaient la garde. A l'exterieur du perimetre, Bangui n'existait plus. Le Palais de la Renaissance, l'ancien palais de Bokassa, se decoupait dans le noir au-dessus du fleuve.
Bangui. La ville que le monde avait oubliee. La ville ou les crises n'avaient pas de nom parce qu'elles n'avaient pas de fin. La ville ou la survie etait le seul metier que tout le monde exercait. Un million de bouches. Ouvertes. Pour mordre.