Armes
- ⚔️TronçonneuseLÉG.
- ⚾Batte cloutéeRARE
- 🧹BalaiCOMMUN
Personne ne pouvait dire avec certitude ou cela avait commence. Certains accusaient la foret de l'Arboretum de Sibang, en bordure de la ville, ou des bucherons clandestins avaient abattu un okoume millénaire et trouve dans son tronc creux quelque chose qui n'aurait jamais du voir la lumiere. D'autres pointaient le port d'Owendo, ou un cargo petrolier avait decharge son brut avec un bonus: un conteneur non manifeste qui suintait un liquide sombre entre ses joints, et que personne n'avait voulu ouvrir parce que les douaniers etaient en greve depuis une semaine. Quelques-uns parlaient de l'estuaire du Komo, ou les pecheurs remontaient dans leurs filets des choses qui n'etaient pas des poissons. C'etait un mardi. Dix-sept heures vingt. L'heure ou le boulevard triomphal Omar Bongo se paralysait, ou les taxis rouges et blancs de Libreville formaient un serpent de metal entre le bord de mer et la foret, ou le marche de Mont-Bouet debordait de ses allees.
« À la tombée de la nuit, la cathédrale Saint-Michel brillait encore sur le Bord de Mer, éclairant une ville où plus rien de vivant ne restait. Le boulevard de l'Indépendance, désert, était jonché de taxis renversés et de pagnes abandonnés. Et dans l'obscurité, elle avait faim. »
Du katana à la marionnette de Billy. Du char de combat au nain de jardin. Chaque survivant a droit à 3 items : choisis-les bien. Débloque de nouveaux objets en gagnant de l'expérience.
Les repas deviennent des œuvres d'art. Le moral de l'équipe ne descend jamais sous 60%.
Les équipes qui disposent encore de quelques informations sur le monde d'avant tiennent plus longtemps. Connecte-toi pour activer le bonus permanent.
La couronne impose le respect même au milieu du chaos. Le leader rayonne de prestance, personne ne conteste ses ordres.
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Le marche de Mont-Bouet fut le premier a tomber. Le plus grand marche du Gabon, un dedale de tole et de beton ou l'on trouvait du gibier, du poisson, des legumes du sud, des fetiches du nord et des telephones voles de partout. Un porteur s'ecroula pres de l'entree du secteur viande. Les mouches, habituellement omnipresentes, s'ecarterent. Cela aurait du etre un signe. Les voisins s'approcherent. Le porteur se releva avec des gestes qui n'appartenaient plus au vivant. En six minutes, le secteur viande merita son nom d'une maniere que personne n'avait prevue.
Les videos partirent sur les groupes WhatsApp qui tenaient lieu de media au Gabon. Un fonctionnaire du ministere du Petrole filma depuis le sixieme etage de son bureau le boulevard triomphal transforme en fleuve de fuite. Un etudiant de l'UOB posta un vocal en fang depuis le campus de Libreville. Airtel Gabon tomba a dix-huit heures deux. La SEEG, la compagnie d'eau et d'electricite, venait de couper le courant du secteur de Mont-Bouet pour un delestage de routine. Libreville, ville petroliere d'un pays petrolier, mourut dans le noir parce que le petrole ne servait a rien quand le reseau electrique avait ete construit pour une ville de cent mille habitants qui en comptait desormais huit cent mille.
Le President de la Transition parla sur Gabon Premiere a dix-huit heures quarante-sept. Il parla de securite. Il parla de maitrise. A dix-neuf heures dix, le Palais du Bord de Mer, ce palais blanc face a l'estuaire, eteignit ses lumieres. A vingt heures, le standard de l'etat-major des armees jouait une musique d'attente. Le Gabon, pays riche, population pauvre, gouverne par les memes depuis l'independance, fit ce qu'il avait toujours fait en temps de crise: proteger les structures et abandonner les gens.
Les forces de defense gabonaises tenterent un barrage sur le boulevard triomphal. La garde republicaine, l'elite militaire, tira avec precision. Mais la precision n'a pas de sens quand la cible ne tombe pas. La foret equatoriale qui entourait Libreville de trois cotes, cette vegetation dense qui commencait a cinquante metres de certains quartiers, offrit aux morts un reseau de progression invisible. Ils sortirent de la foret comme la foret sortait de l'ombre: silencieusement, par partout.
Les quartiers populaires tomberent avec la densite. Nkembo, Akebe, Atong Abe, ces quartiers construits sur les collines et dans les vallees autour du centre-ville, accessibles par des pistes de terre et des escaliers informels. Les cases en bois, les maisons sur pilotis, les constructions en parpaing sans toit, tout cela ne resistait pas a ce qui poussait les portes. Les chefs de quartier, les anciens des ethnies Fang, Myene, Nzebi, organiserent ce qu'ils purent. Les communautes se replierent sur elles-memes, famille par famille, ethnie par ethnie, parce que c'etait le reflexe gabonais: quand l'Etat disparait, la tribu prend le relais.
Le quartier de Lalala, le quartier residentiel des expatries et des cadres, decouvrit que les villas avec jardins etaient des buffets ouverts. Le Lycee Francais Blaise Pascal servit de refuge pour trois cents personnes. L'hopital Jeanne Ebori, le plus grand de Libreville, devint un dernier bastion avant de devenir un foyer d'infection quand les patients de l'aile urgences se releverent.
L'eglise Saint-Michel de Nkembo, la cathedrale Sainte-Marie de Libreville, les temples du reveil de Lalala, se remplirent. Le Gabon, profondement chretien avec ses rites Bwiti qui persistaient dans l'ombre, pria dans les deux langues du sacre. Les initiés au Bwiti, ceux qui avaient vu les visions de l'iboga, dirent qu'ils avaient vu cela venir. Personne ne les avait ecoutes. Personne n'ecoute jamais les inities.
A vingt-trois heures, l'estuaire du Komo brillait sous la lune. Le phare du cap Esterias clignotait encore. La silhouette du Palais du Bord de Mer se decoupait contre l'eau noire, blanc fantome dans une ville fantome. Les derricks petroliers au large, visibles par leurs flammes de torchage, brulaient le gaz comme ils l'avaient toujours brule, indifferents a ce qui se passait sur la terre ferme.
Libreville. La ville libre. Nommee par des esclaves liberes. La ville ou le petrole avait construit des boulevards et pas d'hopitaux, des palais et pas d'ecoles. Huit cent mille bouches. Ouvertes. Pour mordre.